Une avant première !

Hostile au style

Amoure Bleue

C’est une ange, elle regarde souvent le ciel avec son âme pour ne pas oublier d’où elle vient. Elle observe alentour avec une grande curiosité, tantôt amusée, tantôt nostalgique. Elle construit des maisons de mots, de mouvements, de papier et parfois de bois. Elle invite le monde qui s’étend devant elle à venir y prendre le thé. Elle sert un thé de lumière dont le parfum laisse des traces immuables dans les replis de l’âme. Elle a toujours fait ça, envers et contre tout. Elle ne sait pas trop d’où ça lui vient mais c’est tout ce qu’elle sait faire. Tout ce que le ciel lui a donné. Elle a les pouces bleus, et le bleu vient la trouver. Parfois elle l’appelle de son petit nom, Cosmos, comme les fleurs. Ça lui pousse des envies de planter de nouvelles idées chaque matin, de croiser les sourires, de mettre des jupes en hiver, d’oublier son parapluie et de lire devant la mer. Elle arrose la vie tous les matins d’un mot étonnant et d’un geste rare.

Chez elle, c’est plein de dessins, de livres et de silences. La lumière perce à travers les feuilles de bambou et emplit tout l’espace en dansant. Elle aime les corps des êtres, des objets et de l’invisible qui font des pleins et des vides sur la page blanche du monde, ce sont les matières premières de ses mille maisons de rêves. La vie est partout et elle aime l’honorer. C’est un travail délicat de tous les instants. Un travail que beaucoup laissent de côté, à la dérive. Elle, non. C’est une affaire sérieuse ! Elle rassemble les âmes et c’est elle qui parfois se retrouve un peu de côté. A côté de l’agitation. Et alors, dans les coulisses d’ombre, se meut une silhouette élégante, sourire délicat, qui tricote les imaginaires. Quoi de plus vrai qu’un imaginaire pour donner vie à la réalité ?

Elle m’a rencontré. Aujourd’hui, il paraît que ça sera demain, mais je préfère utiliser le présent, parce que demain sera bientôt aujourd’hui. Je l’ai rencontrée aussi. On s’est tout de suite reconnus. Le bleu des anges ne trompe pas. On s’est regardé pour rencontrer l’âme de l’autre. On s’est parlés pour dire la vérité. On s’est pris la main pour serrer nos pouces bleus l’un contre l’autre. On s’est serré l’un contre l’autre aussi. Et on a pris le temps. Maintenant qu’on s’est reconnus, l’urgence a cessé. Une autre urgence est née, douce et infinie. Celle des feux de joie et des feux d’artifices d’éveil bien sûr, mais aussi de tous les feux de vie, sources des yeux qui aiment, des gens oiseaux et des cœurs qui dansent. On s’écrit des mots farfelus tous les jours sur du papier recyclé, on invente de nouvelles manières de marcher ensemble, on se donne rendez-vous pour regarder le ciel au même moment à 100 kilomètres de distance. Il n’y a rien de plus farfelu que de dire et vivre la vérité. La mienne. La sienne. La nôtre.

On aime la vie et on s’aime. Bien sûr, là c’est résumé. Il faudrait beaucoup de mots pour expliquer beaucoup mieux de quoi il en retourne. Ces mots ce sont des gestes et des paroles qu’on a tous les jours. Si vous nous observez, vous comprendrez.


 

 

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