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Hostile au style

Aplomb des plumes

Illustration : Flora Delalande

Pas à pas, à marcher sur l'ivresse de l'inconnu, sans tituber. Vaciller parfois.
Errer sur le firmament d'un destin aux allures de grandeurs vermoulues...
Nous sommes les funambules du ciel : la voûte a perdu son antique solidité et nos pieds glissent dans le vide trop léger.
Pourtant, nous avançons sur la nacre.
Allumant des brasiers au gré de nos errances :
Des incendies de mots, des inondations d'encre éclaboussent le ciel de couleurs de sons.
Nous ne sommes pas soldats de plomb, encore moins chair à canon...
Soldats de plume : chantons en canon. Pirouettes vagabondes.
Un pas devant l'autre.
Ça virevolte. Une, deux, trois, et caetera, sur les avenues de nulle part.
À toiser l'ordre épars d'un chaos bien arrangé.
Soldat de plume et mine de plomb.
Nous prenons des chemins de traverse, fuyons vos rues écorchées vives.
Deux traits sur une feuille une nouvelle perspective ;
Nous fuyons vers un point que nous seuls connaissons
Une chimère de sons contre une armée de cons.
Des pépites d'espoir balancées sur des chemins d'adage.
Les utopies qu'un torrent de sang d'encre berce... À grande saignée ! Des lettres en embouteillage.
Des feux de pensées en guise d'autodafé...
Et nos pieds glissent toujours sur la voie lactée
Vos soldats sont bien pâles, ils se bouchent les oreilles sous les coups de fusils.
Vos discours sont bien sales, ils sentent l'artifice et puent la calomnie.
Pourtant vos yeux ternes reflètent nos étoiles.
Nos danseurs chancèlent sous vos bals. Ils titubent dans les trous de vos bombes.
Il y a des seigneurs de guerre condamnant les combats.
Des femmes qui sourient aux soldats.
Des larmes que l'on coule par joie
Et des poèmes que l'on écrit parfois...
Comme des étoiles filantes qu'une âme psychédélique sème au gré des vents.
Les mots, saltimbanques de nos mondes, voltigent entre les mains de vos enfants et viennent féconder quelques jardins d'hiver.
Un jour, à l'idée de cette fleur en puissance, un soldat qui partait à la guerre rebroussera chemin pour l'offrir à sa femme.
Mine de rien, le soldat de plomb a la fleur au fusil,
Et le soldat de plume a du plomb dans l'aile.
Et ça valse, et ça panade. Ça guindaille et ça rame-damne dans les étoiles !
Explosion de joie, esquisse d'horreur
Plus rien ne fait sens sur les chemins du déshonneur.

 

tags : Combat, Poésie, Révolution, Voyage

 

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