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Hostile au style

Au commencement était le souffle

Au commencement était le Souffle. Infime. Imperceptible. À la lisière de l'existence.
Au commencement était la Mer. Matrice des anges blancs. Écumante sous sa chaleur.
Il y eut une rencontre, commandée par Dieu ; elle n'avait pas de nom.
Les flots calmes.
L'air quasiment immobile.
Alors, intimement, leurs transparences se mêlèrent.
Le silence était d'or au milieu de l'Océan.
L'écume frémit à peine lorsque l'haleine du ciel vint lui dérober son énergie. C'était une caresse, la promesse d'un partage, d'une fusion d'où naîtrait une force sans fin. Personne n'assista à cette union qui fut pourtant la naissance de ce que l'on nomme « Ouragan ». Seul le ciel, de son regard obscur, condamna cette alliance.
Il gronda.
Et l'Ouragan naquit.
L'air prit la consistance de l'écume.
Il tourna sur lui-même.
Le ciel prit l'apparence des tempêtes.
Il rugit sourdement.
Des écharpes de nuages. L'énergie était là. Vibrante. Vivante. Emplie de la tension née d'un effleurement de passion.
Le désordre était au bord du gouffre. L'Ouragan était seul au monde. Mugissant dans l'écho de l'invisible. L'Ouragan n'avait pas de nom. Vagissant contre le vide.
Il dansa longtemps dans l'immensité, valsant avec le vent. Il tourbillonna au-dessus de sa mère aimante, de sa mer amante, au son amer de son attente.
Au-dessus des lames liquides. Il n'y avait que l'Océan impassible. Et l'Ouragan valsait avec le vent, l'Alizé pour cavalier. Au-dessus de l'âme aride. Il n'y avait que le désert et sa poussière. Et l'Ouragan valsait avec le vent, l'Alizé pour cavalier. Au contact d'un regard livide. Il se heurta à une conscience. Il y eut un sanglot.
Puis ce fut le chaos

Il y eut les cris Du vent Des hOmmes Des arbres De la tôle froissée,

écrasée,

la cé rée Déchiquetée Et HUrlante De Tourmente à Mort comme un EnfeR dans le néAnt Hurle Hurle Hurle Dans les entrailles du Vent. Cris Sous les assauts

Violents. Noir OuraGan que fais-tu ? Dans la Cendre du Ciel Un chaton meurt sous une pierre Des mAins s'agrippent

Ouragan quel est ton nom ?

Mais le vent N'offre aucun appui Il glisse, griffe, glace, agrafe les tuiles dans les chairs. L'enfant hurle Il perd le cOntrôle de ses pUlsions.

Et ce cri dans la ville L'appel d'un innocent CouRs ! Ne t'arrête pAs. L'air ne nous attend pas. Hurle AGonise Meurs Fuis. Écroule-toi. Le monde se fissure

Et l'OurAgan, dans sa spleNdeur,

laboure les villes,

élague les champs

puis démolit les forêts dans l'immensité de sa folie.

Il perd le contrôle de sa propre force. Déjà, il oublie qu'il est né d'une chaleur, d'un effleurement, d'une caresse. Il se transforme, mugit et vocifère. Il crache des ponts, des maisons et des vieillards. Il mâche des pierres, des herbes et des corbillards. Il dévore le monde. Un enfant pleure
Les arbres tombent
Les églises meurent
Les pagodes tanguent
Les tuiles volent dans le ciel noir
Un pêcheur, assis sur la plage, ne finira jamais de réparer son filet.
Un temple de pierre, du haut de ses millénaires - s'effondre et croule sous les rafales.
Puis ce fut le silence.
Celui de son œil mort au centre même de sa violence.


 

tags : Climat, Genèse, Ouragan, Violence, Élément naturel

 

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