Une avant première !

Hostile au style

Au fond de ta valise

Avant de partir
N'oublie pas de glisser au fond de ta valise
Le drap immense de la brume matinale
L'oreiller ventru des talus herbeux
Le parfum de l'air frais, des coings trop mûrs
Et celui de la terre détrempée par l''orage
N'oublie pas
La musique des oiseaux
Celle des glands qui éclatent sous les roues du vélo
Celle du feu qui crépite, qui craque et qui pétille
Ton mouchoir de ciel brodé de deux étoiles
Le rire de ton père, le sourire de ta mère
Leurs mains qui s'agitent sur le quai de la gare
N'oublie pas
Que tu viens de là-bas
Que tu vas à la ville
Dont tu rapporteras
Au fond de ta valise
Les couchers de soleil derrière les grands immeubles
La chaleur de sa main sur les bords de la Seine
N'oublie pas
La musique de vos rires
Celle du guitariste dessus le pont Saint-Louis
Celle de vos balades tressées de pas de danse
N'oublie pas
Avant de partir
Et pendant le voyage
Quand tu arriveras
Et avant toute chose
N'oublie pas de donner
Ce que tu portes en toi
Car lorsque tu voyages
Le monde d'où tu viens
Et le monde où tu vas
Voyagent avec toi
Flora Delalande


 

tags : Campagne, Paysage, Ville, Voyage

 

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Commentaires

Baradon dit :

Nous rapporteras-tu un peu, quand tu reviendras à la ville de ces richesses récoltées lors de tes pérégrinations champêtres? Le Parisien a grand besoin de soleil et d'air frais et d'un sourire illuminant son quotidien.

Ta plume trace sur le coeur des lecteurs les sillons délicats du bonheur des rêveurs. Merci.

le 06 Jul 2018