Flora dans Spered Gouez !

Hostile au style

Avant qu'il ne soit trop tard

Illustration : Luc Debard

Il est temps d'arrêter la route, de changer le sens du voyage.
Je n'irai plus là-bas. Je ne chercherai plus les lacs ni les collines, les canyons enneigés ni les déserts de sel. Mes itinéraires, faits de sauts de géants eurent un sens. Ils n'en ont plus. Je me suis égarée.
Il est temps de revenir là où gît l'essentiel. Ma tête tourne. Depuis plusieurs années, l'esprit titube, siffle, et se serre. J'entends une voix : un nuage de coton me bouche les oreilles et m'empêche de l'entendre.
La guerre est déclarée.
La vie trébuche tous les trois pas.
Il n'y a plus aucune étoile dans mes épuisements.
Seul persiste le vertige qui s'étire, le vertige qui monte en moi et me donne la nausée, nausée qui s'étend à son tour, s'étend jusqu'à briser mon visage dans les eaux du fleuve.
J'attends que quelqu'un vienne me chercher et me sauve de cette noyade silencieuse.
Surtout, j'attends que celui qui vienne me chercher ne soit nul autre que moi-même.


 

tags : Dépression, Lutte, Renouveau

 

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Commentaires

Baradon dit :

Cette attente de soi-même pour se sortir du marasme dans lequel on s'enfonce quelles que soient les raisons ne peut que résonner en écho avec les âmes qui furent un jour en proie à la mélancolie. J'aime la fragile lueur qui s'évertue à briller dans les ténèbres.

le 28 Aoû 2017
FX dit :

C'est un très beau poème

le 20 Mai 2018