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Hostile au style

Chimères décharnées

En une dernière supplique pour retenir le jour
Chimères décharnées dans un ciel bleuté
Tendent vers le vide leurs longs doigts émaciés
Que le phosphore décalque faisant luire alentour
Fantômes faméliques qui scarifient le ciel
Perlant la brume nocturne de gouttes de sang glacé
Une pluie de rubis, s'abat, beauté mortelle
Ricochant sans un bruit sur les volets fermés
L'enfant ensommeillé se frotte les paupières
Pose ses petits pieds sur le carrelage gelé
Il souffle sur ses mains comme en une prière
Et ouvre les battants ornés de fer forgé
Dehors le jour efface les mirages
Lueur de nuit qui s'accroche aux branchages
Arbres givrés où meurent les étoiles
Qui se découpent en grande ombre chinoise.
Flora Delalande


 

tags : Cauchemar, Chimère, Mystère, Nuit, Obscur

 

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Commentaires

David dit :

Superbe...
Je le trouve très beau.
Délicieuse lecture...

le 08 Jul 2009
Nicolas dit :

Wahou. Je l'adore. Il est rythmé, les images se succèdent sans s'effacer, on se laisse emporter. Et puis il y a quelques phrases qui valent le détour, j'adore le vers "que le phosphore décalque...". Encore bravo.

le 31 Aoû 2010
Laurine dit :

Un écho très touchant...j'entre dans un monde qui me parle mais que je ne connais pas, où un moment de trêve succède à la violence du début. D'emblée le titre s'impose, admirablement bien choisi.

C'est intéressant de retrouver un thème que l'on essaie de développer soi-même, à force de concentration. Mes chimères sont violentes mais j'essaie de les aimer et de les apprivoiser, parce qu'elles sont précieuses. Quand je te lis je retrouve cette hésitation, cet antagonisme entre une figure agressive et une douce passion. Je crois que je mettrai du temps à saisir toutes les entre-lignes de ce texte, qui vaut sincèrement le détour. Bravo...

Merci pour "l'invitation au voyage" (^^)




le 03 Nov 2010
Ptitange23 dit :

Magnifique ! Y a rien à dire, j'aime tout !! Du premier vers jusqu'au dernier !

le 02 Jui 2011
N dit :

J'aurais préféré un "il": "Pose ses petits pieds sur le carrelage gelé "
le ver saurait mieux fait honneur à la musicalité de tes vers précédents, d'ailleurs, j'ai compté tes syllabes pour voir si par hasard ce n'était pas cela qui me gênait, et étrangement il n'est pas juste si tu mets "petits" ^^

la dernière strophe m'a déçue, je la relie et je ne l'aime pas, dans le sens ca va, mais je crois qu'il y a un problème de rythmique: je pense que c'est le "qui", il y est deux fois, et pour qu'on est la sensation que ces derniers mots coulent, tu ne devrais pas répéter le 'qui", essayer de trouver une autre formulation, de plus le groupe "en grandes ombres" est pénible à la lecture et ca ne sonne pas bien je trouve.
Si j'insiste sur cette dernière strophe et plus précisément sur le dernier ver c'est parce que je trouve dommage de laisser des imperfections à la fin, quand toutes tes premières strophes sont parfaites et tout ce que tu veux... j'aime les mots que tu emplois et plus encore la manière dons tu les emploie. " leurs longs doigts émaciés " : ca me fait penser à Rimbaud dans son poème : "l'étrenne des orphelins" donc tu as de quoi être fière ma chère

le 02 Jui 2011
Ze poete dit :

Je trouve N sévère. Le texte est bon et je ne sais pas ce que tu reproches à la dernière strophe. On a de belles images de la nuit: des cauchemars passionnés, et des nuits d'amour interdites... des images de loques humaines... entre le fantastique, l'horreur et la passion subtile... on en aurait froid dans le dos tellement la beauté de ton texte est malsaine.

Perso, je tire mon chapeau, j'applaudis et je salue la poétesse. Bravo!

le 02 Jui 2011
Baradon dit :

Je redécouvre ce texte qui avait été offert à ma lecture lorsque je parcourais la newsletter et cela me donne l'occasion de laisser un petit mot pour dire à quel point j'apprécie la façon dont tu traites la thématique que je qualifie "d'entre deux mondes", l'heure où les fées sortent d'Arcadie ou y retournent, l'heure du rêve debout ensommeillé, l'heure de tous les possibles. La musique qui va avec, ainsi que l'image rehaussent d'ailleurs le poème.

le 15 Sep 2017