Une avant première !

Hostile au style

Delirium

Et mes fleurs toutes sèches qui brûlent encore.
Les tiennes alors ?
Elles gèlent de mort dans l'absurdité de trois mots gravés, elles se tuent elles-mêmes pour jouer au phénix éternel.
Elles me font presque rire de rage, ces princesses déchues de leur vase brisé à l'envers. Avec leurs robes de verre brisées sur les récifs.
Mais t'es plus là c'est déjà la fin quand j'te ris au bord des lèvres.
T'aurais peut-être dû continuer à mordre le bord de la table en cristal.
A faire crisser l'émail contre le reflet du Rien.
C'est comme quand mes pieds dansent au-dessus de leurs têtes qui chantent.
À tue-tête dirions-nous, à tue-tête.
En avant la musique. C'est le violon qui dort trop tard dans mon cœur, t'as perdu ta route Chéri.
J'tai perdu en route.
Aussi. Encore et pour jamais. Et toujours à rebours. Y'a ma montre qui flanche dans les yeux des Autres.
Et c'est mieux ainsi. pour tout dire, il y a un sourire qui me nargue, là, sous les tapis blêmes juste dans le coin de la page. Est-ce toi ? Ou peut-être moi Qui sait qui sont ces enfants tristes de joie Hey! Tu les vois?
Ouais. J'ai les yeux retournés qui vont creuser en moi. Sous les strates du passé, sous les strates de mes joies. Je creuse, à coup de pioche, à coup de bêche et de marteau-piqueur. Ça résonne dans ma cage thoracique et je vois des diamants pleurer les jours déjà trop dépassés. Les joyaux de l'enfance dans un calice jauni. Perdu déjà sur le rivage des absents.
Mais ils sont là ! Ces gosses aux dents cassées qui souriaient comme si tout redevenait sensiblement vrai. Là, juste là, sous mon doigt. Regarde donc. Comme ils parlent ! Entre eux mes moutons si verts défaits parfaits et les anges au regard morne de peur. T'as craché l'heure.
Chéri.
J'ai été jeune.
Aussi.
Et tes caillots de sang dans les crachats vieillots n'ont plus vraiment d'amour, j'ai ma haine dans tes poches de velours et ça ne sent plus la cannelle ni les crachats grinçants.
Des gueules qu'on paye pour redevenir vivants.
Sonnantes et trébuchantes.
Leurs dents. Les joyaux ou l'eau forte.
Breloques immarcescibles.
Vraiment, des fois tu mens comme on picole nos soirs de misère ensemble enchevêtrés Sans jamais plus s'arrêter.
Toutes ses salades que tu nous as mâchées, toutes ses salades à la sauce balsamique, jus noir de tes mensonges.
Recrachées macérées sous les querelles douces des pélicans détraqués, leurs goitres amoncelés en une pyramide de becs acérés. C'est des mains de voleurs qui braquent leurs ailes sous des hélicoptères bien trop rêches. Et des pales à mourir, un vrombissement qui rappelle ces clochettes de l'avion à réaction de nos chants édentés. Ne te moque pas.
Sans fin. Jamais ne meurs ! Y'a mon cœur qui flanche d'amour quand ta folie ressurgit.
Tu n'es pas le seul fou sur cette terre. J'ai en moi des graines immenses qui étouffent ma raison, la comprime, la fait tendre à l'implosion. Dis, tu veux venir avec moi ? On ira rire comme des déments, comme les démons de nos nuits blanches. On partira ensemble, prouver qu'on peut être heureux quand on est seul et qu'il n'y a pas d'amour plus beau.
C'est parti comme un éclat de lumière On reviendra ensemble chanter encore. Que tout est trop court, toujours. Sous des bras remplis d'amour. T'arrête! Ou moi je pleure. J'aime trop la lumière, trop le désert, les os des mammouths et encore bien d'autres choses. Tant qu'y a d'l'espoir.
Ouais, t'as raison.
Ouais.
On ira ressusciter les mammouths désertiques.


 

tags : Absurde, Automatique

 

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Commentaires

Flora dit :

Texte co-écrit avec Violette.

le 03 Avr 2012