Découvrez Fleur de feu !

Hostile au style

Impressionnisme

Rien à faire.
Laisser la Seine couler
sous les ponts qu'elle désire
et les coureurs passer
avec ou sans pavés.
Parler pour ne rien dire, apprendre à se connaître. Savais-tu que ces arbres sur les quais de la Seine n'étaient que les vestiges de temples végétaux ? Ce sont des arbres aztèques, totem de dieux lunaires. La nuit, quand le fleuve dort, ils retournent sans bruit vers leur Mexique natal, mais dès le petit jour ils reviennent abriter les couples matinaux. Parfois, l'aube révèle doucement l'écorce et apparaissent alors des lettres enlacées. Ce sont les cicatrices des amours éternelles.
Et les péniches glissent sur la Seine. Apprendre à se connaître. Et la Seine s'esquisse en touches impressionnistes.
Déguster un croissant avec ou sans café comme on croque un soleil encore à peine levé.
Ne rien dire et laisser le sommeil t'enlever... tu flottes au-dessus d'une conscience épuisée. Sans penser à demain. Laisse-toi rêver sur les genoux d'un chanteur inconnu. Les poissons de la Seine, ne sont pas colorés car les peintres des îles n'avaient plus de peinture. Leur aquarelle s'est diluée à la surface des reflets irisés. Demain, tu iras en chercher et puis vous deviendrez teinturiers aquatiques.
Sous la dentelle aztèque, le soleil vous transperce et pourtant il s'inquiète d'un froid imaginaire. Est-ce une formule magique pour lettres enlacées ? Invocation ancienne pour arbres légendaires ? Et ton dos sous sa main et sa main sur ta joue qu'il effleure doucement comme on frôle une guitare. Il n'ira pas plus loin dans cette mélodie.
Et si jamais tu trembles,
N'accuse pas le froid.


 

 

Ajouter un commentaire Signaler une erreur PDF imprimable

 

Commentaires

anne-marie dit :

j'aime bien les deux derniers vers...
et la photo aussi.

le 14 Aoû 2011
ptitange23 dit :

J'aime bcp ! Surtout la fin ! C'est une très jolie description de la seine, on a l'impression de voir une peinture !

le 24 Avr 2012