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Hostile au style

Inanité

Je veux vivre sans rien et cueillir l'azalée d'un printemps révolu, inspirer l'invisible gratuité de l'air et faire de mon corps l'écrin du détachement. La vie est là, à portée de main, dans l'ourlet de tes yeux mais nous courons sans trêve vers un but illusoire. Nos doigts, agités par des spasmes futiles, griffent la beauté pour s'emparer de quelques pépites d'or, d'amour et de savoir. J'ai amoncelé les années, récolté le fruit de mes erreurs, j'ai accumulé les idées et planifié mes bonheurs mais que me reste-t-il ? Pléonexie fugace. J'ai compté les espoirs, chiffré les réussites, j'ai appris des formules, de beaux mots, ton odeur. Il ne m'en reste rien, pas même une fleur fanée à offrir au Bon Dieu. Je t'aime mais je veux mes poches vides. Je ne veux plus amasser des mots d'amour ni enfermer l'hymne de tes soupirs dans des coffres en bois blanc. Desserre ton étreinte qui pourtant me rassure. Laisse mourir tes doigts dans le grain de ma peau et va-t'en loin de moi quand tu le désireras. Mon corps ne sera plus qu'un tunnel éphémère pour les beautés du monde : le soleil, la neige bleue, le ciel rouge, le sang du nouveau-né et les primevères d'un soir couleront sur mon âme sans s'encombrer de mots. Je veux mes poches vides et le corps dénudé d'un lampadaire rouillé. Je ploierai sous le temps et qu'importe le jour où je me briserai. Rien ne m'échappera. La vie n'existe pas.


 

tags : Anti-matérialisme, Liberté, Renouveau, Sens, Solitude

 

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Commentaires

Lune dit :

Cette pléonexie fugace qui nous ronge les pensées d'une part ; les poches vides et l'éphémère beauté d'autre part ... Où se rendre? Où se perdre? Les mêler ?

le 24 Jui 2010
Lune dit :

Je trouve la photo magnifique! Et très représentative de ce que tu exprimes ici ...

le 24 Jui 2010
David dit :

J'ai l"esprit embrumé et je ne saisi pas encore toute l'essence de ce poème... Je reviendrai le lire.

le 05 Aoû 2010
poussière d'étoile dit :

Poulix, Poulix, Poulix...voilà, "ça" c'est Toi: Ton style, tes idées, ton univers, ta signature...on reconnaitrai tes textes parmis des tas d'autres. Et ça c'est pas donné à tout le monde je crois.
Je ne commente pas souvent tes textes, peut être parce que je ne m'y retrouve pas, mais je tire mon chapeau bas parce que tu as des formules de rêves, un imaginaire de dingue.
Magique.

le 24 Avr 2012