Une avant première !

Hostile au style

La chambre rouge

Illustration : Flora Delalande


La chambre est rouge ce soir. Un rouge de braise, de sang et d'amour. La chambre est rouge ce soir.
Comme une rose des enfers.
Au creux de ses pétales, une perle diaphane.
Ophélia.
Une lumière dans l'écrin de velours impalpable.
Ô, Ophélia, qu'as-tu fait de toi ?
Je pourrais me perdre dans des délires, dans le labyrinthe des regrets insondables. Les regrets s'entassent, s'amoncellent sur mon âme vacillante, frémissent sous le vent du bonheur puis.
S'effondrent.


Un immense fracas qui me brise le crâne et m'arrache les veines.
Les tiennes.
Sous ta peau. Je les vois remuer et étirer leurs corps dans le tien. Sous ta peau. Des couleuvres de sang passent dans la courbe de tes cernes. Des couleurs en rubans s'extirpent doucement par le bout de tes doigts. Veines. Du bleu sort de nos corps, en lents serpents de vie. Vainement bleus. Les vipères de ta chair t'ont quittée et glissent langoureusement dans le pli de tes draps. Les miennes, amères, rampent sur le sol et s'enroulent autour des pieds du lit.


Filaments bleus, translucides qui ondulent sur le sol.


La chambre est rouge ce soir.
La chambre rouge et les veines bleues.
La chambre est rouge ce soir.
Et tes bras blancs ne m'embrassent plus.


Ophélia. Je pourrais sombrer dans les regrets mais la vie est trop courte pour cela.
Me dire que j'aurais pu. Peut-être.
Continuer tes veines au-delà de cette heure.
Et dire que j'aurais pu. Sans doute.
Retenir la faux qui trancha ta conscience.
Mais je t'aime.
Inspire encore que j'expire pour toi. Expire encore une fois. Que je m'inspire de toi. Expire-moi. Inspire-moi. Une dernière fois.


Quand je vois ton corps presque lumineux, je pense à l'éclat de la pierre de lune. Sur tes bras scintillent des arabesques argentées ; là où les couleuvres bleues reposaient jadis quand je te tenais encore contre moi.
Ô ton corps contre le mien Ophélia ! Lorsque mon visage s'enivrait de l'odeur de ta nuque, tes cheveux tremblaient entre mes mains, nos souffles frémissaient au rythme de nos peaux... Ophélia, de ton regard jaillissait une lumière qui irradiait mon corps, brûlait mon esprit au fer incandescent de la passion glacée. C'était de l'énergie pure, de la foudre au bout des doigts qui nous envoyait exploser dans la courbe du ciel. Le déchirement sourd du tonnerre au fond de la poitrine. Un éclair dans le bas du ventre. Des étincelles dans les yeux. La fragmentation infime de mes os sous la pression sidérale. C'étaient tous nos corps qui apprenaient le langage de la nature sauvage, le retour à l'origine des temps. Les mots n'existaient plus, comme consumés en un râle par une puissance transcendante qui émanait de toi. Comment aurais-je pu te dire les sensations que j'éprouvais alors sans que ma bouche n'implose sous la force brute de notre folie ?
Combien de draps arrachés, déchirés en lambeaux ? Combien de sang versé par tes ongles sur ma peau ? Combien de cordes vocales brisées sous les doigts effrénés de la harpiste ? Combien de souffles, de cris, de haine sublimée dans le brasier des corps ? Combien de temps, déjà, que tu reposes là, silencieuse dans ta robe de nuit ?


Combien de temps encore ? Reposeras-tu là ? Silencieuse. Dans ta robe de nuit.


Au matin, après les heures fulgurantes qui couraient sur les staccatos de nos souffles, je t'observais respirer pleinement à travers l'ivraie de tes cheveux. Cicatrices noires sur ton visage. Tu m'évoquais une princesse ottomane après un combat acharné contre des tigres imaginaires. Quelle folie que cette image ! Tu ne ressemblais qu'à toi-même.
Une fille de dix-neuf ans ensevelie au plus profond de son sommeil d'enfant.
Ce sommeil, Ophélia, je me rappelle avoir souhaité qu'il dure toujours, pouvoir arrêter le temps sur ces instants précieux. Te regarder à en perdre la vue, perdue que tu étais sous les édredons blancs. Tes cheveux noirs. Tes pommettes comme des coquelicots. Ton petit nez coquin. Ton menton décidé jusque dans le sommeil et le grain de beauté dans le creux de ta joue.


Grain de Beauté.


Mais il fallait se lever. Alors que la nuit nous tenait dans le creux de ses bras et que la torpeur de l'aube était encore comme un voile sur tes yeux. Tous les matins, malgré les cadavres de nos orgies célestes, il fallait se lever, déchirer le voile, le lacérer des sonneries du réveil infernal... Les yeux mi-clos, tu émergeais du coton de tes songes. Titubante, encore ivre de l'odeur de nos draps, tu redevenais une simple mortelle.


Les yeux mi-clos,
déambuler,
faire quelques pas,
un filet d'eau,
les habits froids.
Puis la claque du vent qui arrache le dernier lambeau de sommeil.
Moi. La course de mes pas qui crissent sur le gravier pour te voler un dernier baiser avant de te laisser t'échapper vers la banalité. Ton visage, celui de tous les jours, celui de tout le jour, des sourires évidés et des paroles creuses, des soupirs refoulés et des cris réprimés, je ne l'ai pas connu.


Il m'est toujours apparu à la faveur de la lune, des lumières de fêtes et du néon de la salle de bain. Ce néon, un petit bout de ta couleur est encore collé dessus. Un morceau de papier crépon rouge dont tu avais voulu recouvrir le tube blafard pour donner un peu plus de chaleur à tes traits matinaux. Tu étais montée, en équilibre instable sur le lavabo, tes muscles étirés vers la lumière morte, des couleuvres frémissantes sous ta peau tendue. Ton menton, fixé vers le but ultime ne tremblait pas. Un petit orteil tentait tant bien que mal de garantir ta stabilité en gigotant sur le bord du lavabo. Tu avais tout prévu : le reste de la colle qui avait servi pour la tapisserie bleu roi de notre chambre rouge et un pinceau, celui que tu prenais pour te peindre les yeux.


Tu étais joliment ridicule à vouloir, comme à cinq ans, tapisser une lumière comme on orne une paupière.


Tu étais... et moi je te voulais.
Profitant de ta concentration extrême, je m'étais approché de toi. Sans bruit. Mû par je ne sais quelle envie infantile, je m'agenouillai près du lavabo et mordillai ce petit orteil. Il est des actions que l'on ne s'explique pas, des pulsions absurdes qui semblent jaillir d'un monde intellectuel parallèle au nôtre et qui pourtant nous affectent brusquement. Elles semblent s'infiltrer dans le corps par les nerfs, ignorer les fils barbelés que la pensée nous a appris à hérisser devant le bonheur. Comme un liquide électrique qui aurait un langage d'énergie pure incompréhensible de la raison. Quelques gouttes intenses sur le pâle lavis de nos veines. Quelques gouttes d'inconscience sur la pâle vie et nos peines. Pourquoi vouloir te mordiller l'orteil droit ? Parce que l'idée me faisait rire, tout simplement. Parce que j'anticipais ton sourire devant mes pitreries de gamin immature. Et ce petit orteil, légèrement tordu, informe pour tout dire, m'attendrissait tellement...


Mes dents contre ta peau. Et la saveur ténue de ton vernis à ongle.


Un cri. Le début de nos rires. Ton regard. Maternel. Les grelots de ton sourire. Puis soudain. Une ombre passa sur ton regard, une ombre effarée d'épouvante effrayante de frayeur affolée ton sourire une grimace de douleur à venir tes yeux se raccrochèrent au néon, à la glace, à l'orteil, au pinceau, au carré de faïence et aux miens qui dans leur impuissance te laissèrent tomber dans un fracas de papier crépon rouge.


Et ce petit orteil... que je t'avais croqué...
Délicieusement sucré, dangereusement posé...


Ton corps diaphane étendu sur le sol blanc, tu avais glissé du lavabo.
Le papier crépon rouge, fleurissant sur le sol, s'abreuvait à la source d'un pot de colle brisé.
Le néon, pris d'un fou rire, clignota quatre fois.
Tu me regardas et, encore à moitié assommée, tu te relevas pour finir ton œuvre.


 « Ophélia, non, attends, assieds-toi, tu vas tomber. »
Tu vacillais doucement comme en une danse inconnue. Tu t'étais cogné la tête dans ta chute et le néon riait.
 « Non, je dois finir. Finir de mettre le papier crépon rouge sur la lumière. Sinon la colle va sécher. Laisse-moi. Je t'aime. »
Ton menton tremblait un peu. Tu avais mal mais tu voulais jouer avec ton papier crépon. Déjà, tu posais un pied sur le rebord du lavabo.
 « Ophélia. Écoute-moi. Ta tête a reçu un gros choc. Il faut que tu t'asseyes. Viens dans mes bras que je t'emmène te reposer sur le canapé, on décorera le néon plus tard. C'est peut-être grave. Si tu m'écoutes, je te ferai une rose rouge avec le papier crépon.»
Tu reposas ton pied par terre et te pris la tête entre les mains. De nouvelles rides se gravèrent douloureusement sur ton front comme pour exprimer une souffrance que tes mots refusaient.
 « Non. Tais-toi. Je t'aime. Je vais bien. Je t'aime et la colle va sécher. Je finis ça et je viens m'allonger. »
 « Non, tu... »
 « Si. Tais-toi. Je t'aime. Ma tête, ce n'est pas grave ; quand j'aurai mis le papier crépon rouge sur le néon, tout ira mieux. Laisse-moi. Je t'aime. Le néon d'abord. C'est promis. »


Le néon clignota quatre fois.


J'avais essayé de te retenir, de t'emmener te reposer mais ton menton tremblait et ta petite voix était devenue celle d'une enfant capricieuse. Tu voulais finir ton bricolage et toutes les raisons du monde n'auraient pas suffi à t'en dissuader. L'ordre des importances n'avait plus de sens pour toi, seule comptait cette œuvre qu'il te fallait achever.


Du papier crépon rouge
sur tes veines bleues
une lueur de folie
dans les yeux.


Tu étais à la fois merveilleusement candide et sublimement agaçante. J'avais envie de te prendre dans mes bras et de tourner sur nous-mêmes jusqu'à nous effondrer, j'avais envie de claquer ton minois arrogant pour te faire revenir à toi, envie de monter avec toi sur ce lavabo glissant pour orner la lumière de la couleur de ton enfance et de notre amour.
Et envie de croquer ton petit doigt de pied.


Cette envie ne m'a jamais quitté, tu sais. Même aujourd'hui, je voudrais pouvoir venir avec toi dans ce lit trop grand. Me glisser doucement sous la couette pour t'entendre râler dans un demi-sommeil : «Fais donc un peu attention, tu fais des courants d'air ! ». Et me faire pardonner en effleurant avec ma jambe tes pieds gelés et ton orteil tarabiscoté. Mais j'ai trop peur que tu ne me grondes pas de ta voix endormie et que tu ne bouges pas sous la chaleur de mon corps. Depuis combien de temps reposes-tu, silencieuse, ensevelie sous des couvertures trop lourdes pour ta conscience ?


Plusieurs fois, déjà, un éclat dans tes yeux m'a fait croire que tu revenais à toi. Mais ce débris de lumière ne vient pas de ton être. Il ne vient que d'un rayon de soleil qui caresse ton visage. Quelques heures plus tard, il n'est plus là et ton regard se métamorphose de nouveau.


Comme cette ombre qui passa sur tes prunelles amusées quand tu sentis le vide te happer vers le carrelage de la salle de bain.


Cette fois, à la vie ne succède plus qu'une immobilité qui a un amer goût d'éternité. Je n'aurais jamais cru que la lumière pouvait éteindre les yeux comme elle éteint les cieux. Celle de notre chambre peint sur toi toutes les couleurs d'une vie. Je ne te vois presque plus. Tu es si blanche que tu n'apparais que lorsque les astres posent leur regard sur toi. Le matin, tu es l'aube grise, légèrement brumeuse, humide d'une nuit silencieuse. Le vent fait danser la lumière et dessine des expressions sur ton visage d'eau claire. Les oiseaux passent dans le ciel et leur vol est un pinceau noir qui vole un instant la vie de ton visage.
Oui. Il se trouve que la lumière ne nous appartient pas !
Je glisse peu à peu contre le mur, mes jambes s'écroulent sous l'extrême légèreté de ton corps. Combien de temps encore ? Et pourtant je souris car je te vois brunir derrière les ailes des corbeaux. Reposeras-tu là ? Tu dors doucement. Tu dores délicieusement comme ces petits biscuits, pomme, noix et cardamome, que nous faisions ensemble. Je te vois brunir. Puis mourir.


La nuit tombe et entraîne ma conscience dans sa chute.


Comme ce soir là.
C'était un soir sans lune.
Ou de pleine lune.
Avec ou sans étoiles.
Avec
et puis
sans
toi.


Nous aurions dû rester et cuire des biscuits. Faire revenir les pommes dans une noix de beurre. Décortiquer les noix, croquer la pomme d'amour, avoir des aphtes à force de grignoter et puis se disputer. Tu ne sauras donc jamais qu'il ne faut pas mettre les coquilles dans la pâte ? M'écorcher le doigt et te laisser le panser de tes lèvres. Te dérober la bague que tu avais pris soin de déposer dans la corbeille à pain et la glisser au cœur de notre amour. Tu seras ma Peau d'âne et je serai le prince qui se cassera les dents sur une bague d'or. Je t'avais dit de creuser un puits dans la farine pour y verser le lait ! C'est encore moi qui vais devoir remuer pour faire disparaître les grumeaux. Je t'aime, princesse, que tu es belle avec ton fouet ! Se battre pour lécher la cuillère, tremper le bout du doigt dans la pâte dorée. Arrête, y'en aura plus. Hé ! Je ne fais que chercher la coquille que tu y as laissée tomber. Attends, je vais t'aider. Faire cuire du caramel dans une vieille casserole, s'embrasser, oublier, tiens ça sent le brûlé. Enfourner les biscuits et cinq minutes plus tard entrouvrir le four et se brûler les doigts en un geste gourmand. C'est à ton tour de faire la vaisselle. On la fait tous les deux ? Entremêlons nos langues entre les lames du fouet pour rechercher quel est le goût le plus sucré.
Pomme ? Noix ? Ou Cardamome ?
Pomme ? Toi ? C'est toi ma môme !


Tu étais ma Peau d'âne et moi j'étais le prince. Ma Belle au bois dormant, quand te réveilleras-tu ? Pourquoi es-tu tombée sur ces débris de verre ? Où était donc passée la douceur des pommes ?
Combien de temps déjà que tu reposes là ? Silencieuse. Dans ta robe de nuit.
C'était comment déjà quand tu valsais pour moi ? Mélodieuse. Dans le feu de la nuit.


Ton corps fait de lumière, lumières artificielles. Pas de blanc sur ta peau, un arc-en-ciel de fête. Tes cheveux emmêlés, ces cicatrices sauvages. Tes yeux émerveillés, éclairés par l'alcool. Nos rires enchevêtrés comme les branches d'un arbre valsaient bien mieux que moi sur la piste de danse. Tes lèvres au goût sucré. Oui, c'était donc bien toi ! Noix ? Pomme ! Cardamome ? Avec et puis sans toi ? Il manque la douceur de nos mots enfantins dans ce baiser fiévreux. Était-ce vraiment nous ? Une saveur sucrée, violente, m'inonde la bouche quand je touche à tes lèvres. Un mélange de musc, de lave chlorophyllienne, d'énergie brute qui nous transperce la gorge. Un deuxième cœur bat à l'intérieur de nos veines et quand je te serre contre moi, je ne m'en rends plus compte. Un manège dans la tête avec toutes ses lumières. Tes yeux se diffractent en prismes enivrés, illuminant la salle qui danse sous nos pieds. Liberté. Des verres et des verres qui coulent dans ta gorge. Des flots de couleurs s'épanchent dans ton sang, font bouillir tes sens, enflamment ton essence. Les lumières de fête trahissent la nuit et souillent ton corps de sueur éthylique. Un pur sang arabe court dans tes veines. Ton être se précipite en liquide argenté, les vipères s'agitent et brillent sous ta peau en un tatouage vivant.


Dans la fumée bleutée de notre folie, le distillat de ta conscience s'est évaporé.


Ophélia, ma Belle au bois dormant, mes larmes de vodka n'ont pu te réveiller. Quand ton corps s'est effondré sur lui-même, comme un château de sable et tous ses coquillages sous l'assaut répété des vagues écumantes, quand ton corps s'est brisé sur le sol, sur la piste de danse où tu illuminais l'archange de ton délire, les éclats de cristal se sont incrustés dans le fond de ma gorge.


Ophélia, ce soir là, je le voudrais parsemé d'éclats de cardamome et de cerneaux de noix. Et si la chambre est rouge ce soir, peut-être pour toujours, c'est que près de mon cœur brille la fleur de papier crépon rouge qui ornait tes cheveux.
Cette nuit-là.

 

tags : Alcool, Amour, Coma, Couleur, Jeunesse, Lumière, Odeur, Souvenir, Tristesse, Vie

 

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Commentaires

Lazouli dit :

J'ai lu "La chambre rouge" à un ami. Eh ben, pour moi comme pour lui, ça nous a retournés. Bravo pour ce texte vraiment

le 24 Avr 2012
coeur.de.sucre dit :

"Je t'aime princesse, que tu es belle avec ton fouet !" Très amusant. Je sais que la citation hors de son contexte perd de son sens, mais je relève. Bon, trêve de plaisanteries!

L'ensemble est plus que charmant. J'y ai trouvé un souffle et le style qui te caractérise. Pourtant, il me semble qu'il manque ce piquant qui nous donne envie d'en apprendre plus sur les personnages. Le texte s'est arrêté là et c'était assez! Bref, voilà un éclair au chocolat goûteux riche et dense, mais avec trop de crème fouetté. Désolée pour mes métaphores "foireuses" comme on dit en bon français de par chez nous. Donc, poulix, use encore ta plume jusqu'à l'effilocher toute entière, c'est un ordre ou un souhait!

le 24 Avr 2012
Salomée dit :

Moi je trouve sincèrement que "manier les mots avec une telle aisance et beauté" est bien en dessous de la réalité.. J'aime, j'adore, c'est même bien plus que ca, je trouve ca magnifique, ca ma donné des frissons en le lisant. C'est plus que beau, c'est Wahou ! Continues !

le 24 Avr 2012
Baradon dit :

Ce texte est beau, comme tous les autres. Il caresse des endroits sensibles du coeur et de l'esprit. Il me faudra le relire pour en saisir toutes les nuances mais l'on se laisse porter par ce récit d'amour poignant, d'âme brisée.

le 18 Déc 2017