Découvrez Fleur de feu !

Hostile au style

La mélodie de l'écho

C'est une de ces nuits, peut-être, que le silence m'a enveloppée comme un immense drap blanc. Je ne pouvais plus parler ; les mots avaient perdu leur substance. Démunie, alourdie par toutes ces lettres mortes qui s'épuisaient en moi, je suis partie d'un monde pour en créer un autre. J'ai rencontré la légèreté, celle qui ne se dit pas.

Libre.

J'étais libre de vivre une vie qui ne se traduit pas.

Perdre ses mots, c'est un peu comme perdre son corps, flotter au-dessus d'un univers qu'on ne peut exprimer.

J'ai vu des arbres qui avaient oublié leur nom.

J'ai perçu le battement sous la feuille,

J'ai vu des hommes dont les gestes m'ont coupé le souffle et j'ai écouté ces langages muets.

J'ai appris les signes du néant et senti la lumière en sortir.

J'ai percé des regards par mes lèvres closes.

J'ai compris la délicatesse d'une journée, d'une vie, passée à coudre un livre de pages blanches.

Suivant la ligne de mon propre horizon, j'ai marché longtemps dans mon temple intérieur où seuls résonnaient mes pas contre les reflets colorés des vitraux.

Aujourd'hui, je ne sais plus pourquoi je me suis tue. Mais, enfermée dans mon sanctuaire, au plus profond du silence sacré, des pas résonnent déjà derrière moi.


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tags : Beauté, Contemplation, Femme, Silence

 

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Commentaires

Naniquolas dit :

D'un point de vue général, j'ai bien aimé. Un joli voyage. De belles images, qui se dégustent encore un peu après avoir fini le texte. La fin est plutôt réussie, même si un peu trop abrupte pour moi. Mais par moments je glissais un peu sur les mots, j'avais des impressions de redite, je manquais de surprises quoi. Les images et rebonds de phrases poéticoprosiques m'ont plutôt captivé par instants mais à la fin ils ne parvenaient plus à me surprendre, à m'emporter (peut-être y en a-t-il trop à la suite, du coup ça devient une routine ? pas très précis tout ça...). bref, je garde un très bon souvenir de ma lecture mais qui manquait un peu de couleurs.
Les points positifs : coup de coeur pour les mots qu'on retourne comme un gant ou une chemise. Et j'aime beaucoup le premier "Loëzza" et le second "Yann".

le 27 Avr 2012
Wen dit :

En règle générale: j'ai bien aimé :D
notamment les expressions avec les mots qui se perdent, s'oublient, etc...
après, j'avoue que j'ai aussi trouvé ça un peu lourd par moments, notamment la fin de Yann 1 et 2 et Loëza le dernier

le 27 Avr 2012
Brumepin dit :

Arf, je suis un peu déçu par ce texte! Tu avais laissé présagé mieux...
Je trouve que c'est trop long, je rejoins naniquolas sur de nombreux points! Certaines phrases sont trop alambiquées. Je trouve aussi que la manière dont tu traites ton sujet est assez prétentieuse et décevante. Tu opposes au silence, les mots. Et parce que ce torrent de mots est jugé impie, Loeza préfère renoncer. C'est décevant même si j'ai bien compris la morale. "Si ce que tu as à dire, n'est pas plus beau que le silence; alors tais-toi!". Je suis à moitié d'accord. Certaines personnes devraient se taire plus souvent effectivement, mais quelqu'un qui a la personnalité de Loeza, devrait parler plus souvent. Parce qu'il existe une belle musique. "Je ne connais pas plus belle musique, que celle des coeurs" Yasmin Khadra. J'aurai plutôt préféré un silence de contemplation, ou un silence de résistance. Mais pas un silence de renonciation...
Au niveau du fond, j'ai toujours du mal avec ces poèmes écrit en forme d'oracle. Ce n'est pas mon genre.

le 27 Avr 2012