Découvrez Fleur de feu !

Hostile au style

Le guitariste

Au bord du bassin enherbé, il jette un charme au paysage.
Avec une douceur lente et hypnotique, il repeint le fond de l’air et, l’air de rien, sous sa casquette, pose ses notes sur les nuages.
Les oiseaux n’ont pas peur de lui. Ils font presque partie de la même mélodie.
Debout, tout à côté d’un banc, il tourne le dos au sentier et laisse les passants passer.
Il semble jouer pour les roseaux, pour les arbres et le ruisseau.
Nous sommes mercredi.
Les gens sont tristes.
On leur a volé leur printemps et les grands saules du bassin regrettent leurs sourires perdus.
Sur les larmes de leurs feuilles neuves, d’une caresse sur sa guitare, il lisse leur mélancolie tout en consolant la mienne.
Tout autour, le monde s’apaise.
Les pas qui passent sur le chemin se glissent dans un autre rythme.
Je m’assieds dans la bulle de ciel bleu qui ondoie autour de lui.
J’entends merci, j’entends bravo, j’entends sa voix et la musique et le silence et je me dis qu’il n’y a pas de plus belle résistance que celle de faire ce que l’on fait, sans crier mais sans se taire. Que quel que soit le monde dans lequel on nous force à vivre, il y aura toujours quelqu’un, quelque part, qui aura besoin de nous, besoin que l’on soit là, simplement, tel que l’on est.


 

tags : Art, Musique, Mélancolie, Nature, Résistance

 

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