Le monde
C'est étrange, le monde
Des amas de ferraille, des fils électriques
Des cubes de béton aux fenêtres de verre
Des tas de tôle rangés entre des lignes blanches
Et puis quelques moineaux qui picorent le trottoir
C'est étrange,
Des images immobiles, rectangles de lumière
Des voix qui ont perdu leur corps quelque part
Des lettres enfilées pour écrire des histoires
Et puis le rossignol qui s'en va en chantant
C'est
De voir la foule marcher en regardant ses pieds
Et de marcher soi-même comme la foule marche
De courir hors d'haleine dans les rues inutiles
Et puis chasser l'oiseau en criant des insultes
C'est étrange
C'est étrange le monde
Et plus étrange encore de se trouver ici sans même s'en rendre compte.
Flora Delalande