Une avant première !

Hostile au style

L'oiseau

Et si j’arrête d’écrire que va t-il se passer ? Je ne puis m’arrêter sans risquer de briser le fil qui relie l’oiseau à sa cage.

L’oiseau vit dans une cage. C’est ce que dit l’histoire. Mais y es-tu déjà entré ? Admettons que cela soit possible - car en réalité ça ne l’est pas. Si tu entrais dans la cage de l’oiseau en réalité, tu ne verrais qu’une cage. Tout comme l’oiseau verrait de même en entrant dans la tienne. Mais éloignons-nous un peu de la réalité.

Tu entrouvres la porte de la cage de l’oiseau, doucement, comme pour ne pas la réveiller, et tu entres. L’oiseau te donne la clef. Tu deviens l’oiseau. Le monde que tu y découvres ne peut être décrit avec les mots. Une plume ne s’appelle pas une plume. Le soleil n’est pas le soleil. Et les minutes existent toutes en même temps. Dans la cage de l’oiseau, tu marches sans te fatiguer. Des jours, des heures, des mois, des secondes. Toutes les saisons coexistent en même temps et ton cycle biologique est celui de la pluie.

Et puis soudain, tu cherches le ciel, tu cherches la terre, tu cherches tes repères. Ils ne sont pas là où ils devraient être. Cela t’effraye un peu. Mais surtout, tu ne vois pas le monde d’où tu viens, tu ne vois pas l’extérieur de la cage.

Tout simplement parce que l’extérieur de la cage n’existe pas pour l’oiseau.

Tu rends la clef à l’oiseau et tu redeviens toi-même. La porte se referme derrière toi, elle sommeille toujours, mais tu sens au bruit net qui résonne qu’elle ne s’ouvrira plus pour toi. Elle entrouvre un œil, écoute tes pas qui s’éloignent, et, rassurée, se rendort. L’oiseau chante alors, tu oses te retourner une dernière fois. La cage est si petite. Tu clignes des yeux, l’oiseau n’y est plus. Il ne reste que son chant.


 

 

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