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Hostile au style

Ombre

Éphémère des bois
Éraflée de lumière
Pauvre tissu de soi
Émaillé de prière
Elle court devant toi
La sombre transparence
Puis s'accroche à tes pas
Et te crie sa souffrance
N'être que ton miroir
Se fondre dans le tain
Devoir mourir le soir
Reflet du lendemain
Papier noir froissé
Simple chiffon de suie
Pour pouvoir effacer
La lumière de la nuit
Corbeau aux ailes diaphanes
Que tu traînes à tes pieds
Qui lorsque le jour fane
Meurt entre les pavés.
Flora Delalande


 

tags : Mystère, Obscur, Ombre

 

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Commentaires

David dit :

Évidemment ce texte m'a attiré...

Je ne sais qu'en dire mais j'ai le souffle court.

J'aime vraiment...
Tu décris si bien...

le 08 Jul 2009
Emily dit :

... C'est si sombre, presque autant que nos ombres...Décrire la noirceur et la mouvance si délicatement, il n'y a que toi Flora qui puisse m'éblouir dans les ténèbres...

le 21 Jul 2009
Ptitange23 dit :

Ouah ! J'ai beaucoup aimé ! C'est touchant, on sent le travail et j'aime la façon dont tu joues avec les mots ! ^^

le 02 Jui 2011
Cécile Bezen dit :

Obscurément beau.

Les images évoquées sont très belles. Les deux dernières strophes me donnent envie de sortir mes pastelles pour essayer de dessiner ces mots.

le 02 Jui 2011
N dit :

Un poème qui tisse un jeu sur l'obscurité et la lumière, la vie et la mort, le soir et le matin, le jour et la nuit... de contraires et de contradictions, l'homme est fait, et tout ce passe entre prières et souffrances...
Je n'ai peut être pas saisi le sens véritable de ce texte ( si il en a un ) mais peu importe puisque j'ai vu ce que je voulais y voir ainsi que cette élévation poétique dans tes mots...bravo

le 02 Jui 2011
Baradon dit :

Je serai curieux de connaître la source d'inspiration à laquelle tu bus pour écrire cette ode à nos ombres, ces silhouettes décharnées qui nous suivent tout le jour ou à proximité d'une source de lumière, négatifs perpétuels de nous-mêmes. Les images que tu déploies sont joliment trouvées et tournées et on en vient à avoir de la compassion pour "ces éphémères chiffons de suie" prenant vie sous ta plume.

le 18 Sep 2017
Flora dit :

J'avoue ne plus me rappeler vraiment quelle fut l'inspiration de ce texte...
Merci pour tes commentaires, Baradon, qui me permettent de redécouvrir au fur et à mesure mes propres textes tombés dans le trou de la mémoire.

le 18 Sep 2017