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Pépites du Cosmos

Pourquoi la lumière qui me brûle ne parvient-elle pas à atteindre le monde ?
J'aimerais entrouvrir mes lèvres et que toutes les lueurs de ma pensée s'échappent en une immense nuée. Frémissante. Ouvrir la volière aux sentiments. Voir le vent s'y engouffrer et défroisser les ailes tremblantes. Quand les oiseaux de mon âme se sont-ils brisé les ailes ? Ont-ils jamais su voler ? Mes paroles ont peur du vent et leurs plumes d'acier les accablent. L'oiseau écorche la feuille en arabesques. Lumineuses. Il tremble lorsque je le porte à ma bouche.
L'autre nuit, une de mes colombes est morte. Son corps lilial n'avait jamais connu la lumière. Gelée, en un ultime désir, elle s'est évaporée et sa blancheur létale est devenue lumière. Une multitude de lucioles aux élytres scintillants a frémi et s'est élevée dans la volière. Elles sont entrées dans le vent. Vacillantes et peu sûres. Mais le ciel est trop vaste, sa fragilité m'effraie. Les étincelles n'illuminent qu'elles-mêmes. Et les lucioles meurent sous le ciel noir. Une seule perle, mordorée, scintillante, hésitante, frétille sur l'aile de celle qui vient de s'échouer à tes pieds.
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Pourtant, il m'arrive de fermer les yeux devant un visage confiant. Je sens alors les ailes de la colombe battre dans mon dos. Et bientôt d'autres frémissements semblables m'accompagnent. Les porteuses de lumière dansent avec nous. Dans mon esprit, je peux les voir. Pépites du Cosmos.
La main de l'ami s'est doucement avancée vers la mienne. Au bout de nos doigts, des flammèches s'animent. À leur rencontre, nos émotions s'embrasent. Je les entends. Je les comprends.
Et je t'entends. Et je te comprends.
Je ne suis plus sur Terre. Je ne suis plus individuel. Je suis en train de partager. Il ne s'agit pas de voir. Mes yeux sont clos. Il ne s'agit pas de toucher. Nos mains ne sont pas liées. Il ne s'agit pas de sentir, de goûter, ni d'entendre. Le monde nous ignore.
Comment alors parvenons-nous à entendre nos songes?
Il s'agit peut être de réapprendre à Être.
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Réapprendre.
Comme si nous avions oublié de vivre. Est-ce toi, alors, qui a soufflé sur la braise amnésique, attisé mes rêves endormis ? Tu as scellé mes yeux d'un baiser invisible et ouvert dans mon être la lucarne du monde. Mais est-ce vraiment le monde ? Je me penche au bord de la fenêtre et j'ai cette furieuse envie de sauter dans le vide. Là-bas, il n'y a que toi, moi, et ce nous qui nous suit, qui s'accroche, me poursuit. Et toutes les rues sont vides, les humains deviennent flous. Je ne veux pas les perdre, je ne veux pas me perdre. Au pied du mur de ma tour de verre, tu me fais de grands signes, tu danses comme un fou et ton rire briserait presque les vitres de mon être. Comme si ouvrir les battants de verre m'avait scindée en deux. Mes émotions s'écrasent contre la transparence. Là-bas, il n'y a que toi, moi, et ce nous qui nous suit, qui s'accroche, me poursuit. Il nous englobe, ligote les choix d'une vie entre ses deux consonnes. Toi ou moi n'est pas nous. Ce serait bien trop simple. J'ai besoin de mes ailes et de mes deux voyelles. J'ai besoin de mes ailes et je ne veux pas perdre la liberté du point qui lévite sur le i.
Pourtant j'aimerais voler.
Avec toi.
Dans la nuit.


 

tags : Amour, Douceur, Doute, Lumière

 

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