Une avant première !

Hostile au style

Prendre l'ascenseur avec un inconnu

Discours narratif, point de vue interne, langage familier voir vulgaire.

J'ai les boules, j'ai l'impression d'être toute ratatinée dans ce putain d'ascenseur qui se traîne comme c'est pas permis. Les portes était en train de se fermer quand il les a stoppées net. "Il" c'est un mec que je connais pas, il a un air de bout de cigarette écrabouillée avec ses cheveux gris et sa barbe même pas rasée. Bref un vieux. Et en plus comme si il avait pas l'air assez bête comme ça il ressemble à un triso avec ses paluches qui tremblent en tenant sa veille canne pourrie. Enfin, je dis ça, j'essaie de me la péter mais il faut quand même avouer que j'ai les pétoches parce que là, il s'est planté devant moi. Et il arrête pas de me fixer. Non-stop ! Dans ma caboche c'est la grosse embrouille, mes idées partent en couilles et y a pas moyen de les arrêter. En quelques secondes tous les trucs que j'ai entendus à la télé m'éclatent dans la tête : une meuf de 15 piges qui se fait zigouiller je sais même plus quand, deux gamins kidnappés à trifouilli les oies, un groupe d'ados disparus depuis perpète. . .

Et l'ascenseur qui est toujours à deux de tenss ! Et ces yeux qui m'ont pas lâché d'une semelle. Mes os jouent de la castagnette, mon fûte me colle comme y a pas ! J'vais crever si ça continue !

Enfin, c'est pas trop tôt cette vielle cage en tôle se décide à s'arrêter. La porte s'ouvre à zéro à l'heure. Oh ! Elle devrait prendre des vitamines cette porte de merde, ça la bousterait un peu. Le keum bouge enfin son cul, il prend son vieux bout de bois et se casse.

Et là, comme un con, je me rends compte que cet imbécile qui m'a fait flipper sa mère parce que je croyais que c'était un pervers . . .

C'est un aveugle.


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tags : Modification, Mystère, Peur, Sentiment

 

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Commentaires

Baradon dit :

C'est un exercice très intéressant que d'écrire la même histoire sous 8 angles différents. Sachant que la première donne déjà à réfléchir en elle-même de par sa chute qui relativise l'émoi interne du narrateur par rapport à une situation somme toute banale, les autres versions témoignent d'une maîtrise du style et amène à sourire et goûter différentes saveurs. Merci pour ce bon moment!

le 08 Sep 2017