Découvrez Fleur de feu !

Hostile au style

Sur le sable, sous l'écume, et cetera

Envie de courir dans la nuit,
Dans le miroir des solitudes
Envie de courir à jamais
Sur les trottoirs bordés d'écume
Il y aura du sel entre mes omoplates
Et un feu déchirant dans ma poitrine ouverte
Envie de courir sur la plage
Sur la jetée de pierres rouillées
Se défouler les chevilles
Sur des coquillages ébréchés
Viens ! Viens !
Fuis avec moi !
À quatre jambes nous irons loin !
Envie de courir sur la mer
Sous les éclairs de mes souffrances
Noyant mon ombre dans les eaux claires
Toujours plus loin vers l'horizon
S'il le faut je me tuerai
Mais je veux vivre, en suffoquer
Ployer mes os sous la fatigue
Sentir l'océan de ma peau
J'aurai des vagues dans les tympans
Et l'œsophage comme un corail
Mes cheveux, des anémones
Mon souffle se fera narval
Dans la nuit, dans la mer, au bord du ciel, sous l'épuisement
Quand la marée sera bien basse, j'aurai perdu mes agonies
Alors,
Sur le sable,
Je réinventerai la trace de tes pas
Et je retrouverai ton corps.
Flora Delalande


 

tags : Course, Océan, Énergie

 

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Commentaires

Miketheonlyone dit :

Très beau texte, mais avec un tout petit riquiqui bémol pour le mot "ployer" qui fait trop ... comment dire... "rond" dans le son(c'est clair ou pas?) par rapport aux autres mots qui le précèdent et le suivent dans lesquels il y a plus d'énergie. Mais sinon j'adore ce texte, une vraie perle, et pas des plus petites.

le 03 Avr 2012
Cosinus dit :

C'est énergique, ça va de l'avant. On sait où est, où on va, et y a tout un tas de détails et d'images pour visualiser l'espace, et beaucoup de sensations pour ressentir. J'ai été transportée.

Ca m'a fait penser à un passage que j'aime beaucoup de Virginia WOOLF, dans les Vagues : "En vérité, nos corps sont nus. Nous ne sommes que légèrement recouverts de tissus soigneusement boutonnés, et sous ces trottoirs se cachent des coquillages, des ossements et du silence".

le 03 Avr 2012