Une avant première !

Hostile au style

Une petite place

Un poème est tombé sur la table.
Il s’est trouvé là, sans heurt, sans bruit et sans rien déranger.
Il s’est trouvé là, à son exacte place comme s’il n’avait jamais été ailleurs qu’ici.
Sur la table bien rangée, entre l’ordinateur, les piles de livres, mes neurones et le stylo, le poème est apparu avec ses pommettes roses d’avoir trop couru. Comme un gamin essoufflé qui, après une longue course d’enthousiasme vous saute dans les bras, léger, si léger.
Ce petit bonhomme avec ses pommettes roses m’a réchauffée. Il a calé le bout de son nez contre la paume de ma main ainsi qu’un chevreau vient quémander un morceau de pain, avec insistance et tendresse. Par ce geste, il m’a rappelé un peu de qui j’étais.
J’avais oublié que j’avais besoin de beauté, de cette beauté qui jaillit du langage d’un autre. Celle-là même qui a besoin d’un autre et qui a si peu de place aujourd’hui alors qu’elle en tient si peu.


 

tags : Ecriture, Humains, Poème

 

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