La mélodie de l'écho
Loëza
Pour moi, parler était un plaisir. J'ai toujours cru qu'il s'agissait d'un acte de liberté. Lorsque je me suis tue, j'aurais pu renouer avec le langage si on m'en avait laissé le temps, laissé l'envie. J'avais encore les lèvres souples et la poitrine frémissante et, sur le bout de la langue, cet appel sonore qui vous pousse à croquer les friandises aux vingt-six saveurs. Je ne sais plus pourquoi je me suis tue. Mais je sais comment s'est installé le dégoût des mots creux et des paroles vaines. C'est une prison que la parole. J'aurais pu me battre à coup de phrases, tenter de démolir les montagnes de mots inutiles qui cachaient l'horizon de la pureté. J'ai préféré me construire un temple de silence, une atmosphère qui n'appartiendrait qu'à ceux qui voudraient y entrer. Apprendre à parler au-delà de l'audible. Peut-être est-ce Yann qui a entrouvert la porte de ce nouvel univers. Il ne le savait pas. Il ne savait pas que la clef des émotions trop fortes a effleuré le silence de mon âme.
D'un point de vue général, j'ai bien aimé. Un joli voyage. De belles images, qui se dégustent encore un peu après avoir fini le texte. La fin est plutôt réussie, même si un peu trop abrupte pour moi. Mais par moments je glissais un peu sur les mots, j'avais des impressions de redite, je manquais de surprises quoi. Les images et rebonds de phrases poéticoprosiques m'ont plutôt captivé par instants mais à la fin ils ne parvenaient plus à me surprendre, à m'emporter (peut-être y en a-t-il trop à la suite, du coup ça devient une routine ? pas très précis tout ça...). bref, je garde un très bon souvenir de ma lecture mais qui manquait un peu de couleurs.
le 27 Avr 2012Les points positifs : coup de coeur pour les mots qu'on retourne comme un gant ou une chemise. Et j'aime beaucoup le premier "Loëzza" et le second "Yann".