La mélodie de l'écho
Loëza
Pour moi, parler était un plaisir. J'ai toujours cru qu'il s'agissait d'un acte de liberté. Lorsque je me suis tue, j'aurais pu renouer avec le langage si on m'en avait laissé le temps, laissé l'envie. J'avais encore les lèvres souples et la poitrine frémissante et, sur le bout de la langue, cet appel sonore qui vous pousse à croquer les friandises aux vingt-six saveurs. Je ne sais plus pourquoi je me suis tue. Mais je sais comment s'est installé le dégoût des mots creux et des paroles vaines. C'est une prison que la parole. J'aurais pu me battre à coup de phrases, tenter de démolir les montagnes de mots inutiles qui cachaient l'horizon de la pureté. J'ai préféré me construire un temple de silence, une atmosphère qui n'appartiendrait qu'à ceux qui voudraient y entrer. Apprendre à parler au-delà de l'audible. Peut-être est-ce Yann qui a entrouvert la porte de ce nouvel univers. Il ne le savait pas. Il ne savait pas que la clef des émotions trop fortes a effleuré le silence de mon âme.