La mélodie de l'écho
Yann
Parfois, elle se taisait. Incapable d'exprimer ce qui s'émouvait en elle. Elle m'offrait son mutisme en même temps que sa fragilité. Mais tous les silences se ressemblaient et ils étaient pour moi une angoisse, de ces doutes qui oscillent entre plénitude et renoncement. Je ne savais quels mensonges se cachaient entre ses lèvres closes. Alors, je l'embrassais et finissais toujours par lui arracher des sentiments qui se murmurent. Un arrachement. C'était une souffrance pour elle que d'avoir à prononcer ces paroles qui me rassuraient tant.
Je me rappelle ses mots. Si rares. Ceux qu'elle prononçait parfois dans l'aura de nos corps. Ceux que nous sculptions ensemble dans le creuset de nos bouches. Ils frémissaient dans la pénombre, fragiles et perforés de ces graines de mystère qu'elle y avait semées.
Un jour, mes baisers n'ont plus eu la force de découdre ses lèvres. Seuls ses yeux, grands ouverts dans le noir, me disaient qu'elle m'aimait.