La mélodie de l'écho
Yann
Je me rappelle ses mots. Ceux qu'elle laissait divaguer la plupart du temps, en courbes infinies, en tourbillons de vie. Ils avaient une liberté peu commune, on les entendait frémir, vagabonder et rebondir au gré de leurs envies, de saltos arrière en pirouettes habiles. Essoufflés, ils se taisaient parfois pour repartir de plus belle. Loëza... elle prenait les mots, subrepticement, avec son air malin. Elle les déshabillait, les retournait comme on retourne un gant. Comme on retourne une veste. Parfois, un mot traînait sur la table de la cuisine. Même absente, elle continuait de parler.
Je me rappelle ses mots. Ceux qu'elle maugréait à la lumière de la lampe de son bureau les soirs de parole ternie. Ils tombaient en un bruit feutré sur ce qu'elle se refusait d'écrire ou sur ce qui ne voulait pas se laisser comprendre. C'étaient des taches grises, des lettres fatiguées, qu'elle expulsait de son esprit, laissant dans l'air une trainée morose.
Je me rappelle ses mots. Mais j'ai oublié le dernier qui a franchi ses lèvres.
D'un point de vue général, j'ai bien aimé. Un joli voyage. De belles images, qui se dégustent encore un peu après avoir fini le texte. La fin est plutôt réussie, même si un peu trop abrupte pour moi. Mais par moments je glissais un peu sur les mots, j'avais des impressions de redite, je manquais de surprises quoi. Les images et rebonds de phrases poéticoprosiques m'ont plutôt captivé par instants mais à la fin ils ne parvenaient plus à me surprendre, à m'emporter (peut-être y en a-t-il trop à la suite, du coup ça devient une routine ? pas très précis tout ça...). bref, je garde un très bon souvenir de ma lecture mais qui manquait un peu de couleurs.
le 27 Avr 2012Les points positifs : coup de coeur pour les mots qu'on retourne comme un gant ou une chemise. Et j'aime beaucoup le premier "Loëzza" et le second "Yann".